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    Entre lumière et ombre, Acis et Galatée « incarnent » l'esprit luxuriant et sensuel de cette fontaine qui s'inspire des nymphées en vogue dans les jardins italiens aux XVIe et XVIIe siècles.

     

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    Dans l'écrin de verdure du Palais du Luxembourg, la reine Marie de Médicis (1575-1642) voulut recréer une scénographie proche de celle des jardins florentins de son enfance. Elle en confia l'élaboration à l'architecte Salomon de Brosse (1571-1626) et à l'ingénieur Thomas Francine (Tommaso Francini, 1571-1651) qui dessina les plans de la « Grotte Médicis » aux alentours de 1630.

     

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    Dans la Grèce antique, le nymphée était un sanctuaire consacré aux nymphes, les gardiennes des bois, des montagnes et des sources. A proximité d'une source, le nymphée était une grotte naturelle ou une fausse grotte constituée de rochers et d'un décor de rocaille.

     

    Dans la Rome ancienne, le nymphée devint une fontaine monumentale décorée de sculptures et sublimée par des jeux d'eau. Il contemplait un grand bassin ou un ensemble de bassins.

     

    Au XVIIe siècle, pour alimenter le nymphée du Luxembourg ou « Grotte Médicis », Thomas Francine, Intendant Général des Eaux et Fontaines Royales, fut à l'origine d'un ingénieux système destiné à acheminer les eaux de Rungis, via l'aqueduc d'Arcueil, vers les faubourgs de Paris. Son travail inspira la construction du nymphée du château de Wideville, en 1636, dans les Yvelines.

     

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    (Le nymphée de Wideville. Cette gravure provient du site du Sénat).

     

    La façade de la « Grotte Médicis » était composée de trois niches en cul de four que séparaient quatre colonnes toscanes au fût bagué orné de bossages et de congélations.

     

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    Un grand fronton portant les armes d'Henri IV et des Médicis la couronnait. Il était surmonté par des pots à feu et encadré par deux figures allongées représentant le Rhône et la Seine, réalisées par le sculpteur Pierre Biard (1592-1661). De chaque côté, s'étendait un mur décoré d'arcades. (Gravure datant de 1752, parue dans l'ouvrage de Jean-François Blondel, Architecture française, t. II, planche 189.)

     

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    Le Rhône

     

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    La Seine

     

    Après la Révolution, la grotte fut restaurée par Jean-François-Thérèse Chalgrin (1739-1811). Architecte du palais depuis 1780, il réaménagea le jardin et sollicita, pour restituer les allégories fluviales, les sculpteurs Ramey, Duret et Talamona. Une petite statue de la déesse Vénus (visible sur la gravure ci-dessous) fut placée dans la niche centrale. Les armes de France et des Médicis disparurent au profit d'un rectangle à congélations et la grotte évolua davantage en fontaine.

     

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    Dessin de la grotte par Jean-Baptiste Maréchal, en 1786. De grands arbres entouraient le monument pour lui donner un aspect plus pittoresque encore.

     

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    Cette photographie de la grotte, trouvée sur le site du Sénat, fut réalisée vers 1860.

     

    En 1862, la rue Médicis fut ouverte à l'initiative du Préfet Haussmann (1809-1891) et la fontaine dut être déplacée et rapprochée du palais, « d'environ trente mètres ». Une scénographie nouvelle fut alors orchestrée par l'architecte Alphonse de Gisors (1796-1866) qui commanda des statues au sculpteur Auguste Ottin (1811-1890) et fit réaliser devant la fontaine un bassin d'une cinquantaine de mètres.

     

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    Le bassin, en direction du palais.

     

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    Magnifique voie d'eau menant à la fontaine...

     

    Les sculptures décrivent la tragique histoire des amants Acis et Galatée, relatée par le poète latin Ovide (43 avant J.C-17 après J.C) dans Les Métamorphoses.

     

    Fille de Nérée, le dieu de la mer primitive, et de Doris, une océanide, Galatée est une néréide. Le cyclope Polyphème tomba passionnément amoureux de cette nymphe marine, « à la peau blanche comme le lait », mais Galatée lui préféra le charmant berger Acis. Fou de douleur et de jalousie, Polyphème écrasa son rival sous un rocher.

     

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    Les amants ont l'air seuls au monde mais le danger les domine sous les traits de Polyphème.

     

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    Polyphème le cyclope est l'incarnation des forces brutes de la Nature. Fils de Gaïa, la Terre, il prend appui sur le rocher et s'apprête à « punir » les amoureux. Sa rude silhouette de bronze et son visage empreint d'une cruauté désespérée s'opposent aux lignes voluptueuses et pures des corps de marbre blanc.

     

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    La légende de ces amants infortunés connut son œuvre de gloire au XVIIe siècle. En 1686, Jean-Baptiste Lully (1632-1687) composa l'opéra « Acis et Galatée ». Cette « pastorale » grandiose fut jouée pour la première fois devant le Grand Dauphin, fils de Louis XIV et, pendant de nombreuses années, elle fut donnée régulièrement et toujours très appréciée du public.

     

     

    De part et d'autre du cyclope, se dressent deux statues de pierre, réalisées par Auguste Ottin et situées chacune dans une niche surmontée d'un masque de satyre. Il s'agit d'un faune et d'une chasseresse.

     

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    Un faune (une interprétation du dieu Pan)

     

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    Une chasseresse (la déesse Diane)

     

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    Trogne grimaçante et pittoresque évoquant celles des mascarons du Pont-Neuf.

     

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    Devant le rectangle à congélations, Alphonse de Gisors fit restituer les armes de France et des Médicis et en 1862, lors du déplacement de la fontaine Médicis, il fit adosser à celle-ci un monument que l'on appelait fontaine du Regard.

     

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    Construite en 1807 pour distribuer les eaux de Rungis, cette fontaine devait son nom à un ancien regard, édifice qui permettait d'accéder aux structures profondes de l'aqueduc d'Arcueil.

     

    La fontaine de Léda, ancienne fontaine du Regard

     

    Autrefois située au carrefour de la rue de Vaugirard et de la rue du Regard, elle fut démontée en 1856, dans le cadre des grands travaux d'Haussmann, lors du percement de la rue de Rennes.

     

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    Édifiée sur les plans de François-Jean Bralle (1750-1831), ingénieur en chef des Ponts et Chaussées et maître d’œuvre des travaux hydrauliques de la Ville de Paris, elle appartenait à un ensemble de quinze fontaines commandées par Napoléon Ier (1769-1821) dans le but d'assainir et de moderniser la capitale.

     

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    Alphonse de Gisors la fit agrémenter d'un nouveau soubassement (quatre pilastres encadrent trois mascarons de bronze) et d'un nouveau fronton flanqué de deux nymphes ou naïades allongées.

     

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    Il fit restaurer les élégants pots à feu.

     

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    Les deux jolies naïades qui s'ébattent sur les rampants du fronton couronnant le bas-relief sont l’œuvre du sculpteur Jean-Baptiste-Jules Klagmann (1810-1867).

     

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    La gracieuse demi-coupole permet de raccorder la fontaine de Léda, de la manière la plus esthétique possible, à la fontaine Médicis.

     

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    Sur l'inscription, la mention à l'architecte Jacques de Brosse est une erreur. Il s'agit de l'architecte Salomon de Brosse qui construisit pour la reine Marie de Médicis le magnifique palais où siège le Sénat. J'ai eu l'occasion d'en visiter l'intérieur et je vous en montrerai les beautés. Patience, patience... wink2

     

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    Encadré par des dauphins fantastiques dont les queues enlacent les instruments du dieu Neptune (gouvernail, trident...), le bas-relief qui donne son nom à la fontaine est, comme je l'écrivais plus haut, une réalisation du sculpteur Achille Valois (1785-1862). En remplacement d'un aigle impérial, il représente Léda en compagnie de Jupiter métamorphosé en cygne, sous le regard de Cupidon.

     

    La belle caresse le cou de son amant cygne dont le bec de bronze crachait autrefois l'eau dans un bassin elliptique.

     

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    Je ne peux que vous souhaiter de belles promenades et rêveries autour de ces deux fontaines qui, par l'entremise d'une subtile scénographie, n'en forment désormais qu'une. Merci à ceux qui prennent si gentiment de mes nouvelles. Merci de votre fidélité. Gros bisous et à très bientôt !

     

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    Sources et Bibliographie

     

    Gallica.bnf.fr/ Bibliothèque Nationale de France. (Le dessin de la Grotte Médicis par Jean-Baptiste Maréchal: gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b77).

     

    Charles BAUCHAL: Nouveau dictionnaire des architectes français. Paris: André, Daly fils et Cie, 1887, 842 p.

     

    Spire BLONDEL: L'Art intime et le Goût en France. Grammaire de la curiosité. Paris: E. Rouyere et G. Blond.

     

    L'Art pendant la Révolution: beaux-arts, arts décoratifs. Paris: H. Laurens, 1888.

     

    Amaury DUVAL: Les Fontaines de Paris, anciennes et nouvelles. Nouvelle édition, Paris: Bance aîné, 1828.

     

    Pierre KJELLBERG: Le nouveau guide des statues de Paris. Paris: la Bibliothèque des Arts, 1988.

     

    Jean-Charles KRAFFT et Nicolas RANSONNETTE: Plan, coupe, élévation des plus belles maisons et des hôtels construits à Paris et dans les environs. 1801 et années suivantes. Paris: Ch. Pougens et Levrault, in-fol.

     

    Théophile LAVALLÉE: Histoire de Paris depuis le temps des Gaulois jusqu'en 1850. Paris: Hetzel, 1852.

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    A l'angle de la rue des Archives et de la rue des Haudriettes, dans le quartier du Marais, s'élève une fontaine aux lignes sobres, de plan trapézoïdal, rare exemple encore debout de fontaine néoclassique dans Paris.

     

    Nombre de ces fontaines, au décor fondé sur une imitation d’œuvres antiques, ne résistèrent pas aux grands travaux entrepris par Haussmann et celles qui demeurent ont généralement été déplacées. Je pense, entre autres, à la fontaine de Léda que l'on admire, dans le jardin du Luxembourg, à l'arrière de la fontaine Médicis et à la fontaine du Palmier située sur la Place du Châtelet. Ayant prévu des articles sur le sujet, je ne développe pas davantage et je reviens à la fontaine des Haudriettes.

     

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    Ce bel édicule fut érigé en 1764 par l'architecte Pierre-Louis Moreau-Desproux (1727-1794), maître général des Bâtiments de la Ville de Paris, à l'initiative du prévôt des marchands, pour remplacer une Fontaine Neuve, bâtie en 1636.

     

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    L'argent des princes de Rohan-Soubise finança la construction du monument dont le décor fut confié au sculpteur Pierre-Philippe Mignot (1715-1770).

     

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    L'élégant bas-relief de Mignot décrit une naïade allongée parmi les roseaux et dont le bras gauche repose sur un vase d'où s'écoule une eau claire.

     

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    Esprit de l'eau qui venait originellement de Belleville et qui fut acheminée, après 1822, depuis le canal de l'Ourcq, vers le quartier du Marais.

     

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    Le mascaron de la fontaine, inscrite au titre des monuments historiques depuis le 24 mars 1925.

     

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    Plusieurs fontaines de Paris ont conservé de beaux mascarons « cracheurs » -ou censés l'être- en forme de tête de lion ou de créatures fantastiques.

     

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    Mascaron de la fontaine de Mars et Hygie, rue Saint-Dominique, dans le 7e arrondissement de Paris.

     

    Restaurée plusieurs fois et notamment en 1836, la fontaine des Haudriettes a été déplacée, en 1933, par l'ingénieur Louis-Clovis Heckly (1893-1975) pour favoriser la circulation des passants et bien qu'éloignée de plusieurs mètres de sa position initiale, elle rappelle l'emplacement d'un célèbre couvent, celui des Haudriettes dont l'histoire est peu conventionnelle.

     

    Le nom « Haudriettes » vient de Étienne Haudri (que l'on écrit aussi Haudry et Audry) qui était, selon les livres d'histoire, soit valet de chambre de Saint-Louis (1214-1270) soit maître drapier et grand panetier (officier gérant le service de bouche) de Philippe le Bel (1268-1314). On ne connaît pas précisément ses dates de naissance et de mort mais on sait qu'il se rendit en Palestine afin de participer à la Croisade et que lorsqu'il revint en France, il partit en pèlerinage à Saint-Jacques de Compostelle sans prévenir sa femme. Celle-ci, qui le crut mort, fonda dans sa maison une communauté religieuse pour les veuves pauvres et les pèlerins malades.

     

    Quand Haudri rentra chez lui, il fut désemparé par les transformations survenues dans sa demeure et s'adressa au pape afin de « récupérer sa maison ou sa femme » (!). Le pape choisit de rétablir son mariage si le couvent n'était pas démantelé.

     

    Il est dit aussi, dans plusieurs dictionnaires historiques, qu'Étienne Haudri, riche propriétaire, offrit ses terres à des religieuses qui le remercièrent en portant le nom d'Haudriettes.

     

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    La fontaine, photographiée en 1898 par Eugène Atget (1857-1927). On aperçoit un cadran solaire, disparu, au-dessus de la naïade de Mignot.

     

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    Naïade joliment décrite par le poète Philippe Dufour, auteur d'un ouvrage intitulé Poèmes Légendaires : l'amour, le glaive, le songe. Publié en 1897, ce recueil dédié à la mémoire de Leconte de Lisle et préfacé par José Maria de Heredia, célèbre les rues et les monuments de Paris.

     

     

    La fontaine occupe une place privilégiée à l'angle de la rue des Archives et de la rue des Haudriettes qui portait, au XIIIe siècle, le nom de l'un de ses habitants : Jehan-l'Huillier avant d'être appelée rue des Vieilles-Haudriettes, rue des Haudriettes et rue de l'Échelle du Temple car le Grand Prieur de l'Ordre du Temple y avait fait élever une échelle patibulaire. On ignore avec précision quand sont advenus les changements de noms mais on sait qu'en 1636, la rue s'appelait rue de la Fontaine et qu'en 1690, on lui avait redonné le nom de rue des Haudriettes.

     

    L'échelle patibulaire est un pilori, signe de Haute Justice, que l'on n'utilise pas pour mettre à mort, à la différence des fourches et des signes patibulaires.

     

    Quand il arrive que l'on croise un individu à la mine patibulaire, on ne pense pas forcément à l'origine du mot. Patibulaire vient de patibulum qui dérive lui-même de patere : « être ouvert ou exposé, s'étendre en surface ». Les fourches patibulaires ont été créées dans la Rome antique. Le condamné était attaché à un poteau de bois. Il avait la tête coincée dans une fourche et on le battait à mort à coup de verges.

     

    La fourche devint au fil du temps une potence constituée d'une traverse de bois reposant sur deux piliers.

     

    En France, le sinistre gibet de Montfaucon était constitué d'un ensemble de fourches patibulaires (ou colonnes de justice) apparues au début du XIIIe siècle.

     

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    Joseph Thierry (1812-1866), Chevauchée de Faust et de Méphistophélès devant le gibet de Montfaucon, vers 1866. Vous apprécierez le sublime ciel de tempête et l'atmosphère fantomatique, glaçante des lieux avec la touche de rouge, comme une morsure sur la toile.

     

     

    Le signe patibulaire est un carcan (collier métallique fixé à un poteau ou à un mur), signe de Haute Justice, utilisé pour humilier et non pour mettre à mort, à l'instar de l'échelle patibulaire.

     

    Pendant la minorité de Louis XIV, l'Échelle de Justice du Temple fut brûlée par de jeunes seigneurs appelés les petits maîtres. Elle fut aussitôt rétablie mais comme elle empiétait sur la rue, elle fut diminuée en 1667.

     

    Dans le tome 5 de l'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert, au chapitre intitulé « Échelle », il est écrit :

     « On confond quelquefois l’échelle avec la potence ou gibet, parce que les criminels y montent par une échelle : mais ici il s’agit des échelles qui servent seulement pour les peines non capitales ; au lieu que la potence ou gibet, et les fourches patibulaires, servent pour les exécutions à mort. »

     

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    A Paris et dans les villes d'Île de France, on utilisait peu le mot « pilori » car on lui préférait le mot « échelle » d'où l'existence de certaines « rues de l'Échelle » qui conservent le souvenir de ces peines d'humiliation publique. Il existe toujours une rue de l'Échelle entre la rue de Rivoli et l'avenue de l'Opéra. Son nom lui vient de l'échelle patibulaire des évêques qui se dressait là.

     

    Outre l'Échelle de Justice du Temple et celle des évêques située près de l'Opéra, on trouvait une échelle patibulaire sur le parvis de Notre-Dame -administrée par le Chapitre de la cathédrale- et une échelle sur le Port Saint-Landry, l'ancien port principal de Paris situé dans l'Île de la Cité.

     

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    Désormais, nos regards se posent sur la naïade de Mignot et le souvenir de l'Échelle du Temple semble se diluer dans le temps.

     

    Sculpteur apprécié de ses contemporains, Pierre-Philippe Mignot n'a pas eu toute la renommée qu'il méritait. Élève des maîtres François-Antoine Vassé (1681-1736) et Jean-Baptiste Lemoyne (1704-1778), il remporta, à l'Académie Royale, le deuxième prix de sculpture en 1738 et le premier prix en 1740. Il fut également lauréat du prix de Rome et pensionnaire de la Villa Médicis entre juin 1742 et novembre 1743.

     

    Après son retour d'Italie, il fut agréé à l'Académie royale en 1747 mais il ne put accéder au titre prestigieux d'Académicien.

     

    Ses œuvres les plus célèbres sont la naïade de la fontaine des Haudriettes et une Vénus ou Bacchante endormie, appelée aussi La Belle endormie, datant de 1747 et reproduite en 1761, aujourd'hui conservée au City Museum and Art Gallery de Birmingham, en Angleterre.

     

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    La Belle endormie

     

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    A quelques mètres de la fontaine, un restaurant appelé Le Connétable possède encore de vieilles grilles surmontées de pommes de pin autrefois dorées. Ces grilles, imposées par édit royal dans un but de protection des lieux, évoquent la présence ancienne d'un commerce de vin. Vous avez aussi sûrement remarqué la boutique de Liqueurs et de Vin sur la photo prise par Atget en 1898. Dans le quartier, eau et vin ont apparemment toujours fait bon ménage !

     

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    Après cette promenade dans le temps, je m'éclipse en vous donnant rendez-vous dans quelques jours pour « explorer » les charmes et les ambivalences de la peinture contemporaine qui décore le vieux mur situé derrière la fontaine. En attendant de vous retrouver, je vous remercie de votre fidélité. Gros bisous !

     

    Bibliographie

     

    Stanislas Lami : Dictionnaire des sculpteurs de l'école française au dix-huitième siècle. Paris : Honoré Champion, 1911.

     

    Félix et Louis Lazare : Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments. Paris, 1844.

     

    Jean de La Tynna : Dictionnaire topographique, étymologique et historique des rues de Paris, 1812.

     

    Gustave Pessard : Nouveau Dictionnaire Historique de Paris, 1904

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    Dans le square Viviani, face au parvis de Notre-Dame, une mystérieuse sculpture-fontaine attire notre attention. Conçue par Georges Jeanclos (1933-1997), un artiste qualifié « d'atypique », elle a été installée, en 1996, dans ce bel espace circulaire auquel on accède en passant sous des arceaux de roses.

     

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    Profondément marqué par la barbarie nazie, la souffrance des survivants du génocide juif mais aussi par les « petites détresses » et les douleurs qui naissent au quotidien, l'art de Georges Jeanclos est un appel à la tendresse instinctive qui se love en chacun de nous, tendresse destinée à apaiser les maux des promeneurs.

     

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    Georges Jeanclos (Jeankelowitch pour l'état civil) fit des études à l'école nationale des Beaux-Arts et reçut un Premier Grand Prix de Rome, en 1959. Il effectua ensuite un séjour de quatre années à la Villa Médicis, sous l'égide du peintre Balthus (1908-2001).

     

    Dans son atelier de Bastille, il concevait des formes en terre glaise qu'il enroulait pour créer des personnages mystérieux, à l'image de ses Dormeurs aux visages lisses et sans cheveux, sortes de « gisants modernes » aux lignes épurées.

     

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    Personnages d'argile, hiératiques et secrets, qui ont été transposés, dans les années 1970, en biscuits de porcelaine à la manufacture de Sèvres. Cette expérience, qualifiée d'alchimique, l'incita à fonder l'atelier de recherches de Sèvres, lieu de rencontre entre artistes et artisans.

     

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    En marge des académismes contemporains, Georges Jeanclos a expérimenté « toutes les possibilités de la terre ». Ses créations s'inspirent de très anciennes formes d'art sacré qui exaltent la force et la fécondité de la terre mère.

     

    « Aujourd'hui je ne peux plus prier mais saisir l'argile du commencement entre mes paumes ouvertes, la terre portée à bout de bras. Balancement de la tête aux pieds, les jambes pliées, les reins arqués.

    La terre sanctifiée par les flexions, incantation de tout le corps, l'argile laminé sur le sol, appel aux profondeurs qui résonne sur le béton de l'atelier, scansions de la matière qui fait apparaître la faille, épiphanie de l'autre, étalée en lettres carrées sur la face des dormeurs, ultime prière modelée comme un piège du sacré. »

     

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    L'Extase, 1990.

     

    Les arts du Japon, le bouddhisme zen, les traditions précolombiennes, les statues étrusques et la spiritualité de l'Égypte ancienne l'ont profondément influencé.

     

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    Kamakura 1

     

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    Kamakura 2

     

    Une impression de fragilité et de sérénité émane de ses personnages enlacés, intemporels et sans cheveux, qui se lovent dans des draperies douces, des lambeaux de matière et des suaires mystérieux, aux rives d'un pas de deux mystique et puissamment sensuel.

     

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    Embarquement pour Cythère

     

    En 1984, à l'initiative de François Mitterrand (1916-1996), grand admirateur de son art, il a réalisé le Monument Hommage à Jean Moulin, sur les Champs-Élysées.

     

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    Dans le creuset de l'oeuvre, installée près de la Grille du Coq du Palais Présidentiel, se fondent des passages du Chant des Partisans et des fragments du Kaddish, l'un des récits les plus importants de la liturgie juive.

     

    En 1986, il a remplacé le portail de l'église Saint-Ayoul à Provins, détruit à la Révolution, par un nouveau portail et en 1987, il a conçu la grande porte en bronze du Ministère des Finances à Bercy.

     

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    Étude pour le portail de l'église Saint-Ayoul. (C) ADAGP, Paris. Crédit photo (C) RMN-Grand Palais (Sèvres, Cité de la céramique)/Martine Beck-Coppola.

     

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    Bercy, l'entrée du Ministère...

     

    A Paris comme en Province, il laisse une oeuvre abondante, inclassable et profondément teintée de mystère.

     

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    La fontaine du square Viviani fait allusion à la légende de Saint-Julien.

     

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    Un jour, Julien rencontra un cerf qui possédait des dons de prophétie. Le cerf prédit à Julien qu'il tuerait ses parents. Julien ne le crut pas mais c'est hélas ce qui arriva. Je vous conterai la légende entière, prochainement, avec l'histoire de la petite église Saint-Julien le Pauvre.

     

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    Georges Jeanclos s'inspira de ce récit popularisé par La Légende Dorée de Jacques de Voragine (1228-1298) et d'une nouvelle de Gustave Flaubert (1821-1880), publiée dans Les Trois Contes, en 1877.

     

    Le thème de l'étreinte, qui lui était si cher, est visible à travers les différents groupes situés aux angles de la fontaine. Compassion, tendresse et soutien de l'autre au coeur de la peine nourrissent les mouvements des personnages : parents et enfants qui ont pour « mission » de cheminer vers un monde plus apaisé.

     

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    En s'écoulant de trois têtes de cerf, l'eau doit « désaltérer les passants venus du monde entier » mais la fontaine n'est généralement pas en activité... Pour l'anecdote, la fontaine Saint-Julien a remplacé une fontaine Wallace.

     

    Tout au long de son parcours artistique, Georges Jeanclos a tissé des passerelles entre le thème de la mort et celui de la fécondité. Fécondité qui exulte partout où le regard se pose, comme en témoignent les nombreuses proéminences qui émanent de la « peau » de l'oeuvre. Ces proéminences représentent des seins, les mamelles de la terre qui se gorgent d'eau pour restituer, inlassablement, la vie.

     

    Elles ornent aussi la fontaine Éphésienne, installée en 1989 près de la Place Stalingrad, dans le 19e arrondissement de Paris.

     

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    Image Pinterest

     

    Au sommet d'un pilier, « veille » un dormeur, personnage dont je vous ai parlé tout à l'heure. Cette étrange fontaine est consacrée à Artémis d'Éphèse, déesse mère célébrée dans l'ancienne Asie Mineure. Sa statue était agrémentée de nombreux seins, ce qui la faisait qualifier de « polymaste ».

     

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    Ceux qui apprécient l'art de Georges Jeanclos se régaleront avec ce très beau livre signé Jacques Sojcher, écrivain belge et professeur d'esthétique et de philosophie né en 1939.

     

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    En vous remerciant de votre fidélité et de votre sollicitude à propos de ma santé, je vous offre cette vue sur Notre-Dame, ses lignes de force et ses remarquables « dentelles ». Une vue prise depuis la fontaine Jeanclos.

     

    Je vous souhaite plein de belles choses et vous envoie de gros bisous !

    Plume

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    La Fontaine Pelletier et Caventou ou Fontaine des Pharmaciens se situe à l'angle du boulevard Saint-Michel et de la rue de l'Abbé de l'Épée, sur la place Louis Marin, dans le 5e arrondissement de Paris.

     

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    En longeant les grilles du Jardin du Luxembourg, on aperçoit le monument qui se dresse devant l'immeuble historique des éditions Armand Colin.

     

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    Louis Marin (1871-1960) vécut au numéro 95 du boulevard Saint-Michel, de 1916 jusqu'à sa mort. Le célèbre compositeur de musique César Franck (1822-1890) habita lui aussi à cet endroit, à partir de 1865.

     

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    Le bâtiment qui abrite la Librairie Armand Colin fut construit en 1870. Il est situé non loin de l'Institut National des Jeunes Sourds, fondé par l'abbé Charles-Michel de L'Épée (1712-1789) et dont l'accès est aujourd'hui condamné.

     

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    Vous apprécierez sûrement les élégants mascarons qui décorent les façades en belle pierre de taille.

     

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    N'ayant pas voulu choisir entre mes photos prises de face ou légèrement sur le côté, je les publie toutes.

     

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    Dans les caves de l'immeuble des éditions Armand Colin on retrouva, en 1975, des peintures gallo-romaines datées du début du IIIe siècle de notre ère. Probablement associées à la construction d'un nymphée, elles présentent, entre autres, une scène de « dextrarum junctio » soit l'union des mains droites des époux au moment du mariage.

     

    J'ai pu trouver cette gouache de restitution de l'une des peintures, étudiées et conservées au Musée Carnavalet.

     

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    Mais revenons à la fontaine... Je ne m'étais pas éloignée du sujet car le thème des eaux guérisseuses, fondamental dans la Lutèce antique, occupe une place de choix tout autour du lieu où nous nous trouvons (au Musée de Cluny, au Jardin du Luxembourg ou sur la Montagne Sainte-Geneviève) et que les sous-sols de la rue Saint-Jacques (située à proximité) regorgent d’œuvres liées au thème de l'eau.

     

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    Le monument rend hommage à deux esprits brillants, personnalités incontournables du monde de la pharmacie : Joseph Bien Aimé Caventou (1795-1877) et Pierre-Joseph Pelletier (1788-1842) qui furent à l'origine de l'obtention de la quinine.

     

     

    Pierre-Joseph Pelletier rencontra Joseph Bienaimé Caventou à l'Hôpital Saint-Antoine. Ils étudièrent les substances d'origine végétale et travaillèrent à en extraire les principes actifs.

     

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    Ils nommèrent la « chlorophylle » en étudiant la substance verte qui compose les feuilles et, en 1818, ils isolèrent la strychnine de la fève de Saint-Ignace et de la noix vomique. Mais la découverte qui les rendit célèbres est sans conteste celle de la quinine.

     

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    Quinquina rouge (Image Herboristerie Michel Pierre)

     

    La quinine est extraite de l'écorce du Quinquina (Cinchona officinalis condaminea), arbuste ou petit arbre sempervirent (à feuillage persistant) de la famille des Rubiacées, originaire de l'Équateur, de la Cordillère des Andes et d'Amérique centrale. Le Quinquina fut découvert par le Chevalier Charles Marie de La Condamine (1701-1774), explorateur, astronome et encyclopédiste au service de Monseigneur le Duc d'Orléans.

     

    Charles de La Condamine découvrit les Cinchona en 1739, dans la province de Loxa au Pérou. Il voyageait avec Joseph de Jussieu (1704-1779), médecin, naturaliste et frère des célèbres académiciens Bernard et Antoine de Jussieu et avec l'astronome, physicien, mathématicien et hydrographe Pierre Bouguer (1698-1758).

     

    Pour certains, le nom Cinchona dérive de celui de l'épouse d'un vice-roi du Pérou, la comtesse de Chinchon qui, d'après plusieurs témoignages, aurait été guérie d'une violente fièvre, en 1635, grâce à une décoction d'écorce de quinquina.

     

    L'écorce séchée et pilée fut appelée « poudre de la comtesse » ou « poudre des Jésuites » car les Jésuites connaissaient les vertus fébrifuges, digestives, toniques et antipaludéennes du remède obtenu. En péruvien, « kina-kina » signifie « écorce des écorces ».

     

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    C'est à Pelletier et Caventou que nous devons l'obtention de la quinine cristallisée à partir de l'écorce du quinquina.

     

    Le quinquina a également permis d'obtenir le remède China officinalis qui apparaît comme le tout premier décrit par Samuel Hahnemann (1755-1843), le père fondateur de l'Homéopathie.

     

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    Mais avant la fontaine qui rend hommage aux deux célébrités du monde de la Pharmacie, il y eut un premier monument inauguré le 7 août 1900. Une souscription internationale permit de faire ériger un socle puissant décoré de beaux caducées (œuvre de l'architecte Georges Lisch, arrière petit-neveu de Caventou) et deux statues de bronze (créations d'Édouard Lormier) représentant Pelletier et Caventou portant leur toge professorale. Hélas, fin novembre 1941, les allemands firent déboulonner les statues afin d'utiliser le cuivre qu'elles contenaient pour le sulfatage des vignes.

     

    Après de nombreuses difficultés, un nouveau monument, celui que nous admirons aujourd'hui, a été créé au même emplacement. Le socle -qui est resté le même- est surmonté d'une allégorie de la Guérison sculptée en 1951 par Pierre-Marie Poisson (1876-1951). L'ensemble a été inauguré le 2 mars 1951.

     

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    Fondé sur une recherche de pureté lisible à travers la puissance et la simplicité des formes, le travail de l'artiste peut être admiré en Province et en divers endroits de Paris. Oscillant entre œuvres monumentales (il a conçu de nombreux monuments aux morts) et créations plus intimes (statues et bustes pour des particuliers), il a réalisé un superbe bloc sculpté en ronde-bosse : La Jeunesse pour l'Exposition Universelle de 1937 mais ceci est une autre histoire...

     

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    La Jeunesse...

     

    Merci à la Revue de l'Histoire de la Pharmacie (année 2005) pour les précieux renseignements concernant Messieurs Pelletier et Caventou.

     

    Je termine cette promenade en vous remerciant de votre fidélité et en vous souhaitant une belle fin de semaine. Je pense bien à vous...

    Plume

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  • BLOGUEUSE EN CONVALESCENCE

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    En cheminant dans les allées verdoyantes du jardin, à proximité du Pavillon Davioud et de la rue d'Assas, on découvre un rucher et une petite fontaine destinée à rafraîchir les abeilles qui butinent autour. Cet enclos, établi en 1991 par la Société Centrale d'Apiculture, perpétue la tradition du rucher-école, créé en 1856, par Henri Hamet (1815-1889).

     

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    Considéré comme « le père de l'apiculture française », Henri Hamet fut tour à tour ou simultanément libraire, instituteur, professeur de collège, directeur du journal « Le Cultivateur » et d'une fabrique d'hydromel.

     

    En 1854, s'appuyant sur un vivier de passionnés, il créa la Société Centrale d'Apiculture et développa, en 1856, le rucher-école de la pépinière du jardin du Luxembourg, « grâce à la concession accordée par le Général Marquis d'Hautpoul, grand référendaire du Sénat. »

     

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    Il publia en 1859 un Cours d'Apiculture qui connut de nombreuses mises à jour et rééditions.

     

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    Il est inhumé au Cimetière du Montparnasse dans « une concession perpétuelle gratuite décidée par la Ville de Paris ».

     

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    En 1866, dans le cadre des travaux haussmanniens, la pépinière fut détruite lors du percement de la rue Auguste Comte (rue qui borde aujourd'hui les grilles du jardin du côté de l'avenue de l'Observatoire). Le rucher disparut mais il fut réinstallé à son emplacement actuel en 1872. On l'a entièrement reconstruit en 1991.

     

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    Chaque année, en automne, le miel collecté est vendu à l'Orangerie du Luxembourg.

     

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    (Image Solutions-santé.net)

     

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    Les cours dispensés initient les élèves à la magie qui s'opère « de la fleur au pot de miel ». Ils se déroulent de février à fin septembre et sont interrompus en juillet et en août. Un examen final permet de valider le diplôme d'apiculture. Le tarif pour l'année est de 250 euros.

     

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    Les ruchers sont de plus en plus nombreux dans les jardins et sur les toits de Paris. En dépit de la pollution, les abeilles apprécient l'environnement de la capitale, comme en témoignent les colonies du parc Georges Brassens (15e arrondissement), du parc Monceau (8e), du parc Kellermann (13e), du Jardin d'Acclimatation (16e), du Jardin partagé de l'Aqueduc (14e), du Parc Floral de Vincennes, des Jardins du Conseil Régional (7e), du rucher-école de Montreuil mais aussi des toits de l'Opéra Garnier, de la sacristie de Notre-Dame de Paris, de l'Église Réformée de l'Étoile (avenue de la Grande Armée, 17e), du restaurant « La Tour d'Argent », de la Mairie du 4e arrondissement et du Crédit Municipal, situé dans le Marais...

     

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    Il existe plus de trois cents ruches dans Paris...

     

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    (Imagerie trouvée sur le site de la Grande Épicerie)

     

    De plus en plus de particuliers décident de « sauter le pas » et de créer leur propre rucher sachant que, depuis le 1er janvier 2010, ils doivent obligatoirement déclarer la présence de leurs abeilles auprès de la Préfecture de Police.

     

    Le miel de Paris se vend lors des fêtes du miel, chaque automne, dans plusieurs parcs et jardins, mais aussi sur les marchés (Place des Fêtes, Porte Dorée, Cours de Vincennes, etc...) et dans les épiceries fines comme Fauchon ou la Grande Épicerie. Les magasins Monoprix fabriquent également leur miel et le distribuent sous la marque « Monoprix Gourmet ».

     

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    Que butinent les abeilles du Jardin du Luxembourg ?

     

    De nombreuses plantes mellifères, des fleurs d'aubépine, de pommier, de poirier, de prunus, de tilleul ou de marronnier... Le verger, situé à proximité du rucher, les attire par la variété de fleurs et de fruits qu'il abrite et la fontaine miniature aux vasques brillantes leur apporte l'eau dont elles ont besoin.

     

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    Le pommier à fleurs (Malus floribunda, Rosacées) dont la floraison blanche et rose constitue un « mets de choix » pour nos amies ailées.

     

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    (Image Larousse.fr)

     

    Je ne peux que rappeler combien les abeilles sont des êtres fragiles et indispensables à la survie de l'humanité. L'abeille est une sentinelle, une nourricière, une guérisseuse hélas menacée par les pesticides, les O.G.M et les changements climatiques. Nombreux sont ceux qui prétendent le savoir mais qui ne prennent pas conscience de l'urgence de la situation, dans le « concret ».

     

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    Je vous souhaite une excellente semaine et je vous remercie, une nouvelle fois, pour vos messages et vos pensées d'amitié. Je continue de cicatriser. Mes plaies sont profondes et pas encore refermées. Plusieurs mois seront nécessaires. Je pense bien à vous et ne vous oublie pas, même quand je garde le silence. Gros bisous...

    Plume

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